
La construction du futur Centre des Produits et Technologies Avancés (Centrum Zaawansowanych Materiałów i Technologii ou « CEZAMAT ») pourrait bien marquer un tournant dans la politique d’innovation de la Pologne et consacré l’avènement d’une « Silicon Valley » (« Dolina Krzemowa ») à la polonaise.
Lancé à l’initiative de l’Ecole Polytechnique de Varsovie (Politechnika Warszawska), en partenariat avec d’autres établissements polonais dont l’Université de Varsovie et l’Académie Militaire Technique, il s’agit là d’un projet d’envergure comme on en a, sans doute, jamais vu en Pologne en matière de recherche et d’investissements high-tech.
L’appel d’offres pour la construction du premier centre – un laboratoire d’une superficie de plus de 17 000 m2 – vient d’ailleurs d’être publié. Le montant total de l’investissement est évalué à quelques 400 millions de zlotys, dont 359 millions devraient être financés directement dans le cadre du programme européen pour la promotion de l’économie innovante, le reste étant à la charge du Ministère de l’éducation nationale. La construction de quatre autres laboratoires de moindre superficie est également prévue dans l’avenir, les travaux devant être achevés, au plus tard, en 2013.
Les auteurs du projet se veulent pour le moins optimistes et n’hésitent pas à comparer la portée de ce projet à la « Silicon Valley » américaine ou encore au « Fraunhofer Institut » allemand, qui dispose d’un budget de plusieurs millards d’euros dont un tiers provient de fonds privés. Pour l’heure, on est pourtant encore loin du compte. Selon les journalistes de « Gazeta Prawna », la valeur cumulée des projets transversaux conduits par l’Ecole Polytechnique de Varsovie avec le secteur privé n’excéderait pas 6% du budget de l’école. Un chiffre qui reste toutefois dans la moyenne des autres pays européens, dont la France, sachant que l’Ecole Polytechnique de Varsovie dispose du budget le plus conséquent sur un plan national.
De nos jours, la recherche exige des équipements de plus en plus sophistiqués et repose de manière croissante sur des travaux « interdisciplinaires », donc impliquant plusieurs spécialités. Conscients de cet impératif, les auteurs du projet souhaitent faire du CEZAMAT un lieu propice aux échanges où des équipes scientifiques issues de domaines différents pourront travailler ensemble et coopérer étroitement sur des projets innovants ayant trait à la physique, la chimie, l’électronique, l’ingénierie des matériaux ou encore la biochimie. Les nanotechnologies devraient, en revanche, davantage concerner les quatre autres laboratoires.



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