Le site spécialisé « vBeta.pl » a interrogé un haut responsable du FAI Netia pour connaître quels étaient, selon lui, les freins au développement de l’Internet en Pologne.
Il est vrai que la situation de la Pologne est pour le moins paradoxale : d’un côté ce pays est régulièrement épinglé par certains classements internationaux (la dernière édition du Global Information Technology Report classait par exemple la Pologne au 69ème rang mondial pour son taux de pénétration du haut débit, loin derrière l’Egypte et le Sri Lanka !). D’un autre côté, la Pologne reçoit actuellement énormément de subventions européennes dont la plupart ne sont même pas utilisées. Une situation incongrue qui appelle quelques commentaires.
Pour M. Paweł Żytecki, directeur du département « stratégie de régulation et aides aux collectivités territoriales », plusieurs facteurs sont à l’origine de cette situation, à commencer par un taux d’équipement informatique inférieur à la moyenne européenne. M. Żytecki estime également que 5 à 10 % de la population polonaise ne peut accéder à l’Internet pour des raisons purement techniques : c’est souvent le cas de foyers situés en zone rurale où les opérateurs réchignent à investir en raison de la faiblesse de la demande et d’un retour sur investissement jugé trop faible.
Quant à l’utilisation des Fonds européens, M. Żytecki juge que le système est globalement peu efficace : les subventions sont destinées à des collectivités territoriales qui ne disposent pas du savoir-faire et des compétences requises pour prendre les bonnes décisions d’investissement. Elles peuvent ainsi difficilement se substituer aux opérateurs télécoms. Quand des choix d’investissement sont faits, ils se concentrent souvent sur le déploiement d’un réseau de fibres optiques en négligeant la gestion de la boucle locale, c’est à dire le raccordement effectif des foyers au réseau.
Or le dernier programme d’innovation 8.4 prévoit que le financement de ces boucles locales n’est garanti par les Fonds européens qu’à partir du moment où les investissements sont réalisés en « zones blanches », soit des zones géographiques caractérisées par une faible densité et une demande réduite. Ceci explique que les opérateurs continuent de percevoir ces investissements comme « risqués » malgré l’appui des financements européens.
Enfin M. Żytecki critique également le découpage même des zones blanches – jugé peu pertinent – et le fait que les subventions soient réservées aux PME-PMI qui présentent généralement une plus grande aversion au risque.
[Via : vBeta.pl]
Laurent JERINTE OU GERENTE – Spécialiste des nouveaux médias en Pologne
Blog : http://www.laurent-jerinte.com
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